27 juin 2006
16 juin 2006
Viva Zapata!

Ils ont l’air féroce ces "Revolucionarios" directement sortis de la lutte contre la dictature du Général Porfirio Diaz (qui repose au cimetière de Montparnasse voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Porfirio_D%C3%ADaz). Pourtant ce sont juste mes grands copains : (de gauche à droite) Ervey (dit Herr Vey), Ulises (rien à voir avec mon fils) et Juan Carlos, les jeunes éditeurs de la maison Monte Carmelo dirigée par Chico Magaña (que vous connaissez déjà). Une grande équipe particulièrement drôle et dévouée à la littérature!!!
Je profite de l’occasion pour faire connaître la parution d’un n° spécial de Match du Monde sur le Mexique. (Surtout, si vous l’achetez, ne le jetez pas à la poubelle ensuite, car j’aimerais le feuilleter lors d’un éventuel retour en France !)
Couverture Match du Monde Mexique : Salma Hayek.
Le Mexique, plusieurs mondes mais une seule identité.
Il est des pays qui nous révèlent de précieux indices sur l'avenir du monde. Sur notre avenir, donc. Le Mexique est de ceux-là. "Match du Monde" est parti l'arpenter avec, dans sa besace, les livres du plus grand romancier vivant, Carlos Fuentes. C'est lui qui pose le problème de la diversité : "Pour jouer un rôle dans l'avenir il faut être complexe ; c'est la diversité qui compte, pas l'identité. Comment respecter et intégrer dans notre société les minorités raciales, indiennes, religieuses, sexuelles ?".Cette diversité, "Match du Monde" l'a cherchée au travers de ses reportages : les clandestins à la frontière du Guatemala, les familles qui ont ouvert en grand leur porte et leur coeur, les derniers Mayas de la forêt dont les enfants sont en train de quitter les modes de vie traditionnels. Au-delà des clichés sur la violence, nos reporters ont interrogés les images du photographe mexicain de faits divers Enrique Metinides qui porte un regard d'esthète sur les drames. A Mexico ils ont pris de la hauteur, à l'échelle d'une formidable architecture qui ne se contente pas de copier mais impose un véritable style mexicain contemporain.Pour conclure avec Carlos Fuentes, le Mexique n'a peur ni de son avenir, ni de son grand voisin. Avec le métissage pour tout viatique, mais revendiqué comme un étendard, "aujourd'hui, c'est le Mexique qui envahit les Etats-Unis par la force de son travail", affirme-t-il non sans provocation. Mais ce travail ne concerne pas seulement le prolétariat de laborieux obscurs. Les têtes d'affiche sont là aussi pour exprimer le plus impalpable de leur héritage. Lila Downs est désormais une voix internationale de la world music et Salma Hayek est devenue une icône en en incarnant une autre, la peintre Frida Kahlo. Elles figurent en bonne place comme l'incarnation d'un Mexique séducteur et profond auquel "Match du Monde" a voulu rendre hommage.
Alain Bouzy
09 juin 2006
Des gens invisibles
Le Mexique actuel est le résultat d’un processus historique très complexe. Un des points de départ, utile pour ce texte, pourrait être la terrible rencontre entre les différentes civilisations amérindiennes et les Espagnols. La rencontre de « deux mondes », on dit, un 12 octobre 1492. Mais, à ce véritable "choc" se sont venu « greffer » d’autres mondes : Africain, Chinois (déjà !!!), Philippin, Japonais, Libanais, etc. Sans parler des autres mondes européens… Ceci a donné naissance à une population hyper-métissée qui a pris la place de la population indigène réduite aujourd’hui à seulement 10%. Dès la conquête la population indigène a été, appauvrie, exploitée et surtout marginalisée. Aujourd’hui parmi les 50 millions de pauvres, voire plus, de ce pays on peut inclure un bon pourcentage d’indigènes. Paradoxalement le gros de la population métisse est « fier » de son passé Aztèque, Maya et autres « mexican curious », mais il a honte d’accepter qu’il y a du sang « indien » dans ses veines. L’adjectif « indien » reste péjoratif : il est synonyme de ringard, ignorant (alors qu’ils sont souvent bilingues !), têtu etc. Beaucoup de femmes mexicaines préfèrent, par exemple, accoucher par césarienne, histoire de « ne pas accoucher comme une indienne » … La révolte zapatiste de 1994 a donné une certaine visibilité à cette population mais les différents gouvernements néolibéraux ont laissé pourrir la situation et désormais l’intérêt est retombé. En ce temps électoral (les présidentielles auront lieu le 2 juillet), la bourgeoisie mexicaine a peur de voir arriver la gauche au pouvoir. Mais elle a surtout peur des masses appauvries, des muchachas qui nettoient leur maisons pour trois sous, de ces indiens petits et maigrichons (dont beaucoup d’enfants) qui vendent des chewing-gum ou jonglent devant des grosses 4x4 (souvent rouges peut-être pour qu’on repère la richesse plus facilement)… Les indiens parlent tout bas. Comme s’ils avaient honte de parler une langue « étrangère » ou de parler avec « un accent ». Ils marchent doucement, pour ne pas déranger le métis… Les « honnêtes gens » (dont fait partie le troisième homme le plus riche de la planète, le Mexicain Carlos Slim) ne les regardent pas. Même pas pour les filer une pièce. Ils pensent que « ces gens là sont pauvres parce qu’ils sont sûrement paresseux »… Les indiens au Mexique ce sont des gens invisibles. C’est comme si métis et indiens on habitait dans des dimensions différentes qui se croisent tout le temps mais ne peuvent pas se toucher. C’est très troublant et surtout profondément triste…
19 mai 2006
Mobilité choisie / Famille globale
J’ai quitté le Mexique pour la première fois en 1987 pour faire un court séjour linguistique aux USA. A l’époque je rêvais de faire des études dans les universités américaines. Là-bas, à Evergreen State College (Olympia, Washington) j’ai rencontré des Japonais, des Italiens et bien sûr des Français. J’avais alors à peine 16ans mais à mon retour au Mexique j’ai décidé de m’attaquer à ces langues belles et inconnues dès que possible. L’université du Tabasco (UJAT) m’a permis de le faire à l’âge de 18 ans et mes parents m’ont aidé pour faire un séjour linguistique en France en 1990. J’avais alors 20 ans et j’ai, encore une fois, « décidé » que je n’avais rien à faire chez les Américains (même si c’est un pays magnifique), et que je voulais continuer mes études en France. Trois ans plus tard et une maîtrise en droit, « toute fraîche » en poche j’ai pris un vol pour la France, pour commencer une aventure dont je vous raconterai les détails un de ces jours…Des années après, ma sœur m’a rejoint pour un séjour linguistique. Comme elle ne parlait pas français j’ai eu donc la bonne idée de nous inscrire aux cours gratuits dispensés par les stagiaires étudiants de FLE de Censier (Paris 3). A Censier ils ont accepté de m’inscrire au dernier niveau où une jeune femme française d’origine iranienne (Anahita) qui venait regarder le travail des stagiaires faisait semblant de m'ignorer. La famille d’Anahita est venue en France par choix, rejoindre le père qui y faisait des études . La révolution islamique l’a obligée cependant à demander l’asile politique. Conclusion Ulysses pourrait avoir trois passeports Français, Mexicain et Iranien (car on ne peut pas renoncer à la nationalité iranienne). Il en a deux mais sa « famille » couvre trois continents il y a plus globale que ça ? Moi je n’ai jamais demandé la nationalité française. Et depuis quelques jours je me demande si Monsieur Sarkozy et Cie. considéreront mon cas (et finalement celui de toute ma famille), comme susceptible de rentrer dans la case immigration choisie !!!! Ai-je assez de diplômes ? Mon français, que je perds un peu maintenant, sera-t-il assez bon ? Mais, même si je décidais de m’installer en France, aux USA ou au Canada pour des raisons économiques ou autres, je pense que nous sommes tous citoyens de cette planète. Avec quelle autorité éthique peut M. Sarkozy établir la valeur d’un être humain ? Avec quelle légitimité peuvent M. Bush et M. Sensenbrenner décider que se déplacer sur un territoire (qui a été volé d’ailleurs) est un crime qui se punit presque par la mort ? La globalisation, elle, vient de loin, de très loin, de l’époque où les frontières étaient très floues. Mais ce qui compte aujourd’hui c’est la mobilité choisie des capitaux et les détenteurs des capitaux n’ont rien à c… des hommes…
09 mai 2006
Chico

Non ce bel homme de 100kilos ou plus et d'au moins 1m80, n'est pas mon mari.Comme Sergio tarde à écrire son post je le précise pour ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui penseraient que Sergio aurait aussi bénéficié des hormones de croissance.C'est le grand Chico .
En effet, ce n'est pas moi mais mon cousin à la mode de Bretagne! Francisco Magaña dit "Chico" Poète, éditeur et fin connaisseur des lettres francaises. Saviez-vous que certains poètes francophones contemporains sont plus connus à l'étranger qu'en France???? Mais Chico est en fait plus que mon cousin, il est devenu mon grand frère. Quelques-uns parmi vous le connaissent déjà car il est venu à Paris en 2003 pour la rencontre d'éditeurs indépendants mexicains et francais. C'est à ce moment là qu'il a décidé de publier un recueil du poète Jean-Louis Giovannoni (Pas Japonais, Ed. Unes) et le premier roman de Virginie Reisz (Vole vole papillon, Ed. Joelle Losfeld) eh oui au fin fond du Mexique...
01 avril 2006
Universidad del Valle de México

A notre arrivé au Mexique cette université privée m'a embauché assez vite. Au départ juste comme prof de 3e cycle (Droit et Sciences politiques) et maintenant aussi comme coordinateur des cours de maîtrise (gestion, droit, etc.) pour adultes qui travaillent. Ces cours (comme ceux du 3e cycle, des DESS essentiellement) ont lieu samedi et dimanche!!!!!! C'est pas évident de bosser le WE mais bon, vu les salaires ici je suis très bien payé et puis j'aime bien l'enseignement et la recherche. Si j'avais mon doctorat je pourrais avoir un salaire encore meilleur dans une université publique et laisser tomber le travail administratif pour me consacrer uniquement à la recherche, l'édition, la poésie!!!! etc. Mais comme je disais récemment à ma copine A. L. je crois qu'une sorte de malédiction (auto infligée) pèse sur ma thèse et sur ce blog !!!.....
21 février 2006
Bonne année

Chers amis,
On est déjà la mi-février et moi je ne vous ai pas souhaité la Bonne Année!! J’ai aussi loupé le nouvel an chinois, j’aurais pu attendre le nouvel an iranien (le 21 mars)… mais bon, il vaut mieux tard que jamais… Bonne Année !!!!!!!!!!!!! Je vous montre aujourd’hui une photo d’une activité qui, « grâce à Ulysses » est devenue presque journalière : manger des glaces !!!! Ici, les vendeurs de glaces (aux parfums de noix de coco, chocolat, zapote (Pouteria sapota), guanábana (Annona muricata) etc.) arpentent les rues pour tenter les gens et Ulysses nous « oblige » toujours à lui acheter une petite glace et comme on veut pas qu’il en mange tout seul bah, on en achète pour nous aussi…. mmmm
14 février 2006
Enfin l'inauguration!!!
J'ai longtemps hésité à créer ce blog. Je me disais que c'était sûrement un bon moyen de garder le contact avec tous mes amis d'outremer!!?? (pour moi la France est outremer!!), mais... en bon mexicain j'ai longtemps traîné...Mais bon maintenant c'est fait et j'ai vraiment les bonnes intentions de venir, tous les jours si possible, vous raconter les aventures de la famille Avalos sous le soleil du Mexique. Je profite aujourd'hui de mon jours de repos (c'est systématiquement les mardis et ca n'a rien à voir avec la St. Valentin!!!) pour démarrer ce site dont le but principal est de pouvoir continuer de partager avec vous les bons moments de notre vie mais aussi les moins bons!!!Je mets aussi un lien vers le blog d'Anahita (plus ancien et sûrement plus intéressent que le mien, ca vaut le detour ne serait ce que pour les centaines de photos d'Ulysses!!!)Je vous embrasse très fort et à bientôt




